Handicapé et sportif !

Le sport n’est pas réservé uniquement aux personnes valides, fort heureusement! Être handicapé et sportif, c’est possible. Je trouve qu’on ne parle pas assez de ceux, qui après un accident, une maladie, une amputation ou handicapés de naissance, nous montrent quotidiennement que le sport est accessible à tous et que ce n’est pas un obstacle à la pratique d’un sport.
Tennisman, runner, triathlète ils ont, comme tout sportif, cette envie d’aller plus loin, de se dépasser.
Retour sur 5 athlètes (et il y en a plein d’autres) qui forcent le respect :

 
– Philippe Croizon :
un des sportifs français et handicapé les plus connus tant sa volonté et sa détermination sont un exemple. Amputé des 4 membres en 1994, c’est en regardant un reportage sur Gertrude Ederle, première femme à avoir traversé la Manche, que Philippe Croizon s’est dit « Pourquoi pas moi? ». Dès sa sortie d’hôpital il mettra tout en œuvre pour accomplir ce projet qui deviendra alors, une sorte d’obsession. Son moral d’acier et son entourage lui permettront d’aller au bout de son objectif. En 2010, il parviendra à traverser la Manche, en un peu plus de 13h. Mais il ne s’arrêtera pas là. Quelques mois plus tard, il se décidera alors à relier les 5 continents à la nage dans une expédition nommée « Nager au delà des frontières ». Depuis chroniqueur, consultant, ou encore conférencier, Philippe a su prouver à tous et à lui même que, malgré son accident et l’amputation de ses 4 membres, le sport n’était pas définitivement terminé pour lui. Son entêtement et sa motivation lui ont permis d’aller au bout des objectifs fixés, comme n’importe quel sportif. A un détail près : la perte de ses 2 bras et de ses 2 jambes!

Philippe Croizon à l'entraînement (photo site lemonde.fr)
Philippe Croizon à l’entraînement (photo site lemonde.fr)

 
– Clément Gass :
Jeune athlète de 27 ans, Clément est né quasiment aveugle. Pourtant, il court, travaille sa foulée et sa respiration comme n’importe quel runner. Le 13 Juin dernier il a participé à un trail de 26 km en Alsace. Mais ce qui force encore plus le respect ici c’est qu’il y est arrivé seul, sans l’aide d’un guide, comme on peut le voir sur d’autres courses. Ce jour là, pour l’aider à aller au bout de son objectif, Clément était aidé d’une seule canne et d’un système GPS, supporté par l’application « Navi’Rando » qui utilise un système spécialement adapté aux malvoyants. Mais pour ce trail, Clément a lui même affiné le tracé et les commentaires de sa course, en faisant un repérage du parcours avec les organisateurs du trail. Un vrai travail de sportif professionnel! Tout cela lui a permis de traverser forêts, cours d’eau et autres dénivelés se trouvant sur son parcours à une vitesse de 12km/h. Et malgré un problème survenu sur son sytème de guidage au 14ème kilomètre il termine sa course en 3h43. Heureux d’être allé au bout, il avait déjà un autre objectif en tête : celui de prendre le départ d’une randonnée de 80km en 6 jours dans les Vosges qui a débuté dimanche 26 juin, et qui s’est terminée dimanche 29 juin. Clément est sans aucun doute un grand sportif mais surtout un malvoyant qui a prouvé, malgré des difficultés techniques rencontrées, que l’autonomie sur une course est possible pour les non-voyants! Une première mondiale.

Clément Gass en plein trail dans les Vosges (photo liberation.fr)
Clément Gass en plein trail dans les Vosges (photo liberation.fr)

 
– Rebekah Gregory :
Tout le monde a encore en tête le terrible attentat survenu lors du Marathon de Boston en 2013, faisant trois morts et plusieurs blessés graves, dont Rebekah Gregory, une jeune femme venue ce jour là encourager un proche. Elle a du être amputée. Depuis, elle s’est fixée l’objectif de prendre le départ du 119ème Marathon de Boston, là où sa vie a basculé 2 ans plus tôt. Et pour suivre sa préparation, la jeune femme a créé un compte instagram : rebekahstrong en référence à la formule « Boston Strong » utilisée en soutien dès les premiers jours qui ont suivi le drame. Au prix d’efforts considérables : renforcement musculaire, séance de physiothérapie, tests avec sa prothèse, on a pu ainsi suivre de près sa détermination et son courage. Et déterminée elle l’est. Elle a couru les 5,6 derniers kms, malgré la pluie et des douleurs au genou amputé. Aujourd’hui plus forte que jamais, elle a témoigné son envie « d’aider les autres » et d’aller plus loin. Car comme elle le dit si bien, « il y a une vie même après les épreuves qui vous arrivent… » Une runneuse à suivre car l’année prochaine elle compte bien aller au bout de l’épreuve.

Rebekah Gregory avant le départ du Marathon de Boston! (photo de son compte instagram)
Rebekah Gregory avant le départ du Marathon de Boston! (photo de son compte instagram)

 
– Stéphane Houdet :
Tennisman français de 44 ans, il a terminé récemment 2nd de la finale de Roland Garros. Bien trop occupé à parler de la ½ finale de Tsonga qui se joue en même temps ce jour là, la 2nde marche du podium de ce Français est passée un peu à la trappe. Moins connu du grand public, Stéphane Houdet a pourtant un bon palmarès à son actif: il a remporté l’US Open 1 fois, Roland Garros 2 fois, est médaillé d’or aux Paralympiques de Pékin en 2008 et est numéro 1 mondial en 2012. Joueur de tennis depuis l’âge de 8 ans et vétérinaire de profession, il survit à un accident de moto en 1996. Plusieurs années après et amputé, il quitte son métier pour devenir joueur de tennis et débute une carrière professionnelle. En parallèle, il travaille sur l’évolution des fauteuils pour sportifs. Stéphane Houdet est donc un homme très actif dans le domaine sportif et champion de tennis handisport.
Sa devise : « Je ne suis pas normal. Je suis un champion. »

Stéphane Houdet en 2012 après sa victoire à Roland Garros.
Stéphane Houdet en 2012 après sa victoire à Roland Garros.

 
– Valentin et Théophile :
Valentin 28 ans, valide a décidé de partager sa passion du sport avec son petit frère Théophile de 24 ans, handicapé. Le 31 Mai dernier, unis par le sport, les 2 frères ont pris le départ du triathlon de Cergy Pontoise. 1600 mètres de natation au cours desquels Valentin tire Théophile dans un bateau gonflable, 53 kilomètres de vélo sous la pluie et 11 kilomètres de course à pied, voilà le bel exploit que les deux frères ont terminé en 4 heures et 31 minutes. Au delà de l’handicap qui les sépare, Valentin a voulu partager avec son frère le goût du sport, de l’effort et lui donner la chance de participer à ce genre d’épreuve. Je trouve ce récit touchant, car au delà du lien familial qui les unis, c’est également une histoire de cœur et de sport. Préparer cette distance en triathlon n’est pas chose facile, il faut du temps pour s’entraîner sur les 3 disciplines, mais encore plus ici avec un petit frère handicapé. Et comme tous les autres, leur exploit ne s’arrête pas là. Ils ont participé dimanche dernier au Triathlon d’Annecy! Après leur récit du Triathlon de Cergy-Pontoise, que j’ai trouvé très touchant, j’ai eu envie de partager leur courage et leur détermination avec vous. Si vous n’avez pas vu le reportage sur France 2, je vous encourage à le faire. Un bel exemple pour nous tous, sportifs et non sportifs! Et surtout une belle leçon de sport, d’humilité et de fraternité!

Valentin et Théophile lors de leur dernière course. (photo de leur compte Facebook)
Valentin et Théophile lors de leur dernière course. (photo de leur compte Facebook)

Toutes ces personnes sont des exemples pour nous. Une belle manière pour nous, valides et sportifs, de nous montrer que malgré le handicap, le sport peut être pratiqué d’une façon ou d’une autre! Ils ont surmonté les difficultés, sont devenus des
« guerriers » (je pense que le terme est assez juste) et sont allés au bout de leur passion! Bravo à eux 6, mais également bravo à tous ceux dont je n’ai pas parlé dans cet article qui sont de véritables sportifs à part entière!

MERCI de nous prouver que le sport n’a pas de limite!

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